Les pédales du piano
Le piano moderne possède trois pédales, chacune modifiant le son d'une manière différente. Apprendre à les utiliser est essentiel pour donner vie à votre interprétation.
Pédale douce
Adoucit le son en décalant les marteaux vers la droite.
Sur un piano à queue, cette pédale décale l'ensemble du clavier et des marteaux vers la droite, de sorte que chaque marteau ne frappe plus que deux cordes au lieu de trois (d'où le nom italien "una corda", une corde). Sur un piano droit, elle rapproche les marteaux des cordes pour réduire leur élan. Le résultat est un son plus doux et plus feutré, avec un timbre légèrement différent.
Utilisation
Utilisée pour les passages très doux (pianissimo) ou pour créer une atmosphère intime. Debussy et Beethoven l'utilisaient fréquemment dans leurs œuvres.
Pédale sostenuto
Maintient uniquement les notes qui sont déjà jouées au moment où on l'enfonce.
La pédale sostenuto est la plus complexe des trois. Elle ne maintient que les étouffoirs des notes qui sont enfoncées au moment où l'on appuie sur la pédale. Les notes jouées ensuite ne sont pas affectées. Inventée en 1874 par Steinway, elle est absente de certains pianos droits qui la remplacent par une sourdine (pédale de pratique).
Utilisation
Particulièrement utile pour maintenir une basse ou un accord tout en jouant d'autres notes avec les étouffoirs actifs. Très employée dans la musique contemporaine et certaines pièces de Debussy ou Ravel.
Pédale forte
Soulève tous les étouffoirs pour laisser toutes les cordes vibrer librement.
La pédale forte est la pédale la plus utilisée au piano. En la pressant, tous les étouffoirs se soulèvent simultanément, permettant à toutes les cordes de vibrer par sympathie. Le son devient plus riche et plus ample car les harmoniques se mélangent. C'est elle qui donne au piano cette résonance si caractéristique.
Utilisation
Indispensable dans presque toute la musique pour piano. Elle permet de lier les notes entre elles, de créer des nappes sonores et d'enrichir le timbre. Apprendre à la doser est un art en soi : trop de pédale brouille le son, pas assez le rend sec.