Un doigt appuie sur une touche. Un son sort. Entre les deux, il se passe quelque chose de fascinant : un ballet mécanique de leviers, de marteaux et d'étouffoirs, perfectionné depuis plus de trois cents ans. Ouvrons le capot.
Le clavier : 88 touches, 7 octaves
88 touches : 52 blanches, 36 noires, un peu plus de 7 octaves. Aucun autre instrument courant ne couvre un registre aussi large -- du La grave et sourd tout en bas jusqu'au Do aigu, presque cristallin, tout en haut.
Ce qu'on oublie souvent, c'est que chaque touche est un levier. La partie visible n'est que l'extrémité d'une pièce de bois qui, de l'autre côté (caché dans le ventre du piano), met en mouvement toute une mécanique. Touches blanches = notes naturelles (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si). Touches noires = dièses et bémols.
Les marteaux : le coeur de l'invention
Voici le moment décisif. Quand la touche bascule, un marteau recouvert de feutre est projeté vers la corde. Il la frappe -- et retombe aussitôt, sans rester collé. Ce rebond instantané, c'est le mécanisme d'échappement, inventé par Bartolomeo Cristofori au début du XVIIIe siècle. Un trait de génie mécanique.
C'est exactement ce qui distingue le piano de son ancêtre le clavecin. Le clavecin pince la corde : le volume est toujours le même, quoi qu'on fasse. Le piano frappe la corde, et la vitesse du doigt détermine la puissance du son. Doucement = piano. Fort = forte. D'où le nom complet de l'instrument : pianoforte.
230 cordes sous 20 tonnes de tension
A l'intérieur du piano, environ 230 cordes en acier sont tendues sur un cadre en fonte. La tension totale ? Près de 20 tonnes. C'est colossal -- et c'est pourquoi le cadre est en fonte, pas en bois. Chaque note mobilise une à trois cordes :
- les notes graves utilisent une seule corde, épaisse et longue, parfois entourée de cuivre
- les notes médium utilisent deux cordes par note
- les notes aiguës utilisent trois cordes fines et courtes
Sous les cordes, la table d'harmonie -- une grande planche en épicéa, soigneusement choisie pour sa résonance -- amplifie les vibrations. C'est elle qui donne au piano cette richesse, cette profondeur sonore qu'aucun haut-parleur ne reproduit tout à fait.
Les étouffoirs : couper le son au bon moment
Chaque corde (sauf les plus aiguës) porte un étouffoir : un petit coussin de feutre posé dessus. Touche enfoncée, l'étouffoir se lève et la corde vibre librement. Touche relâchée, l'étouffoir retombe et coupe net la vibration.
C'est grâce à ce système qu'un pianiste contrôle la durée de chaque note au millième de seconde. Sans étouffoirs, toutes les cordes vibreraient en même temps et le piano produirait une sorte de brouillard sonore permanent -- beau pendant deux secondes, insupportable après cinq.
Les pédales : trois leviers sous le pied
Un piano possède deux ou trois pédales. Chacune modifie le son d'une manière différente :
- Pédale de droite (sustain) : la plus utilisée. Elle lève tous les étouffoirs en même temps, permettant aux notes de résonner même après avoir relâché les touches. Elle crée un son riche et enveloppant.
- Pédale de gauche (una corda) : elle décale légèrement les marteaux pour qu'ils ne frappent qu'une ou deux cordes au lieu de trois. Le son devient plus doux et plus intime.
- Pédale du milieu : sur un piano à queue, c'est la pédale sostenuto, qui maintient uniquement les étouffoirs des notes déjà enfoncées. Sur un piano droit, c'est souvent une sourdine qui place un feutre entre les marteaux et les cordes pour jouer en silence.
Explorer le mécanisme en détail
L'espace pédagogique permet d'aller plus loin avec des schémas interactifs :


- la page fonctionnement du piano avec des schémas détaillés du mécanisme
- un jeu interactif pour identifier les différentes parties du piano
- la page les 88 touches du piano pour comprendre l'organisation du clavier
- la page les pédales du piano pour maîtriser leur utilisation
A lire aussi : piano acoustique ou numérique, comment choisir son piano et l'espace pédagogique en ligne.
